Bien que le protocole de Kyoto n’impose qu’à 38 pays industrialisés de maîtriser leurs émissions de gaz à effet de serre, un consensus international commence à voir le jour sur les objectifs de réduction que l’humanité devrait atteindre pour stabiliser, à long terme, le climat. Compte tenu de sa grande inertie, le système climatique global continuera de changer, même si nous arrêtons d’émettre des gaz à effet de serre. Ce qui est impossible. Aussi pour éviter à la température moyenne d’atteindre des niveaux jugés dangereux, les pays les plus industrialisés devront massivement réduire, au cours de ces prochaines décennies, leurs rejets. Depuis le sommet des pays du G8 de juin 2007, certains gouvernements (Etats-Unis, Canada, Russie, Japon, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie) estiment que les nations les plus riches devraient diminuer de moitié leur impact climatique d’ici à 2050. Au niveau de l’UE, l’objectif pris est encore plus important : il s’agit de diminuer d’environ 75% les émissions de gaz à effet de serre, soit une division par quatre.
Ce « Facteur Quatre », comme on l’appelle déjà, n’est pas hors de portée. Mais pour être atteint, tous les leviers à notre disposition devront être utilisés. En 2004, deux chercheurs américains de l’université de Princeton ont popularisé le concept avec leur « théorie des parts de gâteau ». Selon Stephen Pacala et Robert Sokolow, il est possible, en une cinquantaine d’années, de réduire de moitié les émissions anthropiques de GES en utilisant pleinement quinze familles de technologies propres (chacune représentant une part) déjà disponibles : énergies renouvelables, nucléaire, capture et séquestration du carbone, véhicules sobres, etc.
Cette idée a été reprise par les prospectivistes. Publié en 2006, le rapport du groupe de travail « Division par quatre des émissions de gaz à effet de serre de la France à l’horizon 2050 » préconise lui aussi une approche multi-sectorielle de la réduction de nos émissions, avec le développement des énergies renouvelables, la généralisation des bâtiments consommant peu d’énergie, le développement des moyens de transports et de production d’énergie propres et sobres, etc.











