Que fait l’Europe ?
Le protocole de Kyoto commande à l’Union européenne de réduire globalement ses émissions de 8% en 2012. Cette charge a été partagée entre les différents Etats membres, en fonction de leur niveau de développement
Depuis 2000, les pays membres de l’Union européenne mettent en pratique un Programme de lutte contre le changement climatique (PECC). Réactualisée en 2005, cette stratégie communautaire cible particulièrement la production (avec le marché des quotas d’émissions de CO2) et la consommation d’énergie, les transports, l’industrie et la gestion des déchets, l’agriculture et la sylviculture, la recherche et le financement du développement local. Ambitieux, ce programme prévoit, pour 2010, de réduire de près de 600 millions de tonnes par an les émissions de l’UE 27, soit l’équivalent des seules émissions françaises. En mars 2007, la Commission européenne a proposé que l’UE se fixe comme nouvel objectif de réduire de 20 à 30% ses rejets de GES d’ici à 2020.
Et la France ?
Afin de respecter son « objectif de Kyoto », notre pays s’est doté d’un Programme de Lutte contre le Changement Climatique en 2000, puis d’un Plan Climat en 2004, réactualisé en 2006. Globale, cette série d’actions a permis, en 2005, à la France de voir ses émissions de gaz à effet de serre diminuer de 1,8% par rapport aux volumes comptabilisés pour 1990. Une performance qui fait de la France l’un des rares pays de l’annexe B à pouvoir atteindre l’objectif fixé par le protocole de Kyoto.
La France, comme tous les pays du monde, n’est pas et ne sera pas épargnée par les changements climatiques. Au cours du dernier siècle, la température moyenne y a déjà augmenté de 0,9°C, contre 0,6°C, en moyenne sur le reste de la planète. Une évolution dont les effets se font déjà sentir. Les dernières années du siècle passé ont été les plus chaudes depuis que sont relevées les températures. Dans certaines régions, les vendanges débutent avec plusieurs semaines d’avance par rapport au début du Xxe siècle. Météo France constate depuis plusieurs années une baisse des périodes d’enneigement. Si elle ne peut pas être attribuée avec certitude au changement climatique, la canicule de l’été 2003 représente, à n’en point douter, un été relativement banal de la seconde moitié du XXIe siècle. Le régime des pluies devrait être bouleversé. Elles seront moins régulières, mais plus violentes. Ce qui pourrait parallèlement accroître les risques d’inondation et de catastrophes agricoles. Avec la remontée vers le nord des climat arides, les régions méditerranéennes subiront des périodes de sécheresse plus intenses qu’aujourd’hui. Ce qui augmentera d’autant les risques d’incendies. La neige pourrait disparaître des sommets de moyenne montagne. Le régime des fleuves pourrait s’en trouver fortement modifié. Ce qui ne manquerait pas de poser de sérieux problèmes d’alimentation en eau pour les populations, les cultures et les industries.
Engagée, en 2003, par le Premier ministre Raffarin sur la voie du Facteur Quatre, la France se met progressivement en ordre de bataille. A la suite de la publication de plusieurs rapports parlementaire (Kosciusko-Morizet-Le Déaut), consulaire (Viguerie) ou de personnalité qualifiée (Beffa), notre pays déploie de nombreuses mesures qui permettront de s’adapter aux changements climatiques. Chargé de définir l’action publique sur le sujet, le ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables (MEDAD) coordonne pour la première fois les politiques de l’énergie, des transports, de l’aménagement et de l’urbanisme. De nouvelles institutions, telles l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) ou l’Agence de l’Innovation Industrielle (AII), financent des projets qui permettront aux industriels de développer des technologies nécessaires à la diminution de l’empreinte climatique de notre société, telle la capture et la séquestration du carbone ou la voiture à faible émission. De nouvelles normes thermiques apparaissent. Elles permettront de diminuer sensiblement la consommation énergétique (et donc de carbone) de nos bâtiments et de nos véhicules.











